L'ivoirienne amoureuse, ma maîtresse, ma fille........................mon amour.
Acte I d'un conte érotique ayant pour scène Abidjan en Côte d'Ivoire.




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Je suis attablé à ce petit restaurant depuis déjà une heure,
à la regarder s'agiter autour des tables occupées par une faune diversifiées,
des noirs, des blancs, des métissés, des visiteurs étrangers, des dignitaires africains, 
des couples appareillés et d'autres dépareillés, 
elle me regarde discrètement et je la regarde de façon peu discrète.
Sait-elle que je suis fasciné par sa présence, la petite  africaine qui fait le service aux tables
dans ce sympathique petit bistrot du Plateau qui jouxte le Grand Hôtel où je suis descendu pour la nuit?

Elle se déplace d'un pas rapide autour des tables, prenant les commandes 
et déposant les plats avec aisance et détermination
son corps effilé est drapé d'un boubou dessiné de mille fleurs, 
telle une déesse, elle fait rouler ses hanches mobiles autour de l'axe central de son corps rectiligne,
attirant les regards avides des hommes et celui des dames subjuguées par son aisance animale, 
elle se déplaçe ainsi comme une panthère autour des tables 
provocant chez tous les mâles qui la regardent, des attitudes ambigües de satyres en rut. 
Je la dévisage ainsi pour mieux m'imprégner de son charme et je me surprends à la désirer follement.

Je suis revenu à Abidjan par affaire.
Dix-huit années ont passé déjà depuis que j'y ai fait un séjour d'une année 
comme coopérant d'une agence internationale. 
Je regarde une photo froissée et jaunie par le temps que j'ai retirée de mon porte-documents, 
une photo déjà agée de la belle africaine que j'ai fréquentée 
durant mon séjour dans cette ville séduisante autant que tu étais attirante et désirable,
belle africaine aux noirs désirs que j'ai aimé une nuit là tout près d'ici
dans une chambre de l'hôtel du Parc qui est depuis tristement à l'abandon.

À l'abandon aussi ces lieux de nos rencontres, le cinéma de Paris, 
la terrasse de l'hôtel du Parc où nous dégustions un café liégeois face au parc Sg. A. Briand 
sous le ramage indiscret des chauves-souris 
juchées dans les immenses feuillages des platanes du boulevard de la République.
À l'abandon ou tristement disparus tous ces lieux où j'aimais te donner rendez-vous
pour partager quelques moments de grâce, le marché Nour-Al-Ayat, les restaurants vietnamiens
et ces cafés tenus par des exilés libanais, la petite plage près de la sortie de la lagune 
par le Canal de Vridi où tu exposais avec grâce, ton corps d'ébène de sensuelle africaine.
Tu étais belle dans ta quasi-nudité, un corps svelte sur de longues et fines jambes 
et de minuscules seins, qui se devinaient à peine, 
tu gonflais légèrement le bustier de «propylène» de ton maillot deux-pièces, 
dont les dessins aux fleurs multicolores scintillaient, comme des étoiles sur ta chair cuivrée;
de fines bulles d'eau perlaient  sur ton corps comme sur la peau tannée d'un animal sauvage.
Tu ressemblais à un fauve, tu étais comme une panthère devant mes yeux extasiés.
Et je ne pensais qu'à te prendre, qu'à te baiser là devant tes pairs atterrés. 

Le Plateau s'est transformé, ville blanche d'alors, elle est devenue une ville noire 
comme si Treichville, le quartier ou nous allions danser toutes nos nuits 
dans les bras sulfureux des belles et provocantes africaines, 
le Plateau n'est plus qu'une extension de Treichville, une ville noire, 
occupée maintenant par des malfrats aux allures louches 
et une certaine peur qui vous enveloppe à vouloir retrouver ces lieux anciens 
que vous fréquentiez alors sans appréhensions.

Passé le pont Felix Houphouet-Boigny, le marché de Treichville mais surtout la nuit, ses bars animés, 
la plage de la lagune, port Bouet, sous les palmiers à Grand-Bassam, mon quartier de Cocody 
et l'hôtel Ivoire où nous allions patiner pour se remémorer un peu de notre pays du froid. 
Marcory, le Lido sur l'océan atlantique et la forêt du Banco au loin, 
passé la gare routière d'Adjame et le ruisseau des lavandières. 
Nous allions en direction de Yamoussoukro la ville du président Houphouet-Boigny 
pour des travaux de reconstruction de villages déplacés par les travaux d'un barrage, 
Yamoussoukro, village devenu Capitale du pays, transformée en une "pute" vulgaire 
pour impressionner l'étranger de passage en mimant les modes étrangères.

L'Afrique aurait ainsi repris possession d'elle-même 
et je serais redevenu un étranger, un intrus parmi d'autres 
dont le seul lien avec l'Afrique d'autrefois serait celui de mon amoureuse, 
de cet amour ou de ce qui en tenait lieu.


Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, décembre 2013) © 2013 Jean-Pierre Lapointe
En hommage à mes amoureuses d'Afrique.
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ACTE II




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