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Mythologies


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Les origines du Nouveau-Monde
Le déluge de fer de feu de sang.

(Extrait des métamorphoses d'Ovide, une interprétation du "déluge".
À ceux qui voient quelque insidieuse allusion dans ce texte, je dis qu'ils ont tord, mais il se pourrait qu'ils aient tout autant raison.)


DÉBUT DU RÉCIT


La Justice est là, vaincue et la dernière des hôtes célestes, la vierge Astraia abandonne la terre dans son sang. Les Géants qui prétendent être les maîtres du monde, entassent l'acier et le verre jusqu'à défier le ciel. Alors du haut de l'Ossama, celui qui se croit le fils d'Allah fracasse l'Olympe et renverse le monstre au piédestal d'Argile. Et comme ces corps gisaient écrasés sous la masse, la Terre, baignée dans les flots du sang de Ses fils, en fut imprégnée et insuffla la vie à ce sang encore chaud, elle donna à ces êtres nouveaux, un visage humilié, mais convaincus de leur seule Vérité, et aveuglés de vengeance et de meurtre; nul n'ignorait qu'ils furent engendrés dans le sang. Quand le Maître des dieux, fils de Saturne, vit du haut de Sa demeure ce spectacle, Il en gémit et, Il en conçut une violente colère, digne de Jupiter, et Il convoqua l'assemblée des dieux inférieurs. Dès que les sous-dieux eurent pris place dans la Jérusalem du Ciel, Jupiter qui les dominait de Sa place, appuyé sur Son sceptre, secoua à trois reprises le spectre Atomique qui répand l'effroi et dont les vagues ébranlent la terre, la mer et les astres. Puis indigné Il s'adressa en ces termes au Conseil de Sécurité: "Non, Je n'ai pas, pour moi, éprouvé plus d'angoisse pour la possession du sceptre du monde, au temps où les monstres troglodytes s'apprêtaient à éradiquer Ma Foi, Mes disciples et ceux du Grand Israël. Car, si sauvage que fût l'ennemi, en cette croisade, les assaillants étaient de race impure, et ils avaient un but inique. Aujourd'hui, il Me faut, sur tout l'orbe du globe qu'enveloppent de leur bruissement les flots d'Al-Qaïda, perdre la race de ces mortels. J'en fais serment par les fleuves infernaux, qui coulent sous terre dans le bois du Styx. J'ai tout essayé pour guérir le mal, il est sans remède et l'épée doit trancher dans le vif, si l'on ne veut pas que la partie saine soit entraînée à sa perte." "J'ai sous Mon sceptre des dieux inférieurs, des peuples infidèles, J'ai des oubliés des dieux, des peuples non-élus, Je protège des hôtes des montagnes, des déserts et des mers, Et puisque Nous ne les jugeons pas encore dignes des honneurs du ciel, Rendons du moins pour eux, habitable, la terre que Nous leur assignons." "Or pensez-vous, hôtes du ciel, qu'ils y soient en sécurité Lorsque Moi, le Maître de la foudre, Moi votre Maître et votre Roi, J'ai été exposé aux embûches du Ladeon, monstre réputé pour son fondamentalisme aveugle, Moi qui suis seul, dépositaire du Fondamentalisme?" Frémissant et brûlant de zèle, tous demandent le châtiment de celui qui fut coupable d'une telle audace. Qu'une main impie ait tentée ainsi dans sa fureur de broyer la Pomme dans le sang des fils du Grand Sam, la stupeur frappa d'effroi le genre humain soudainement menacé d'une telle catastrophe, et le monde entier frissonna d'horreur. Et la foi aveugle de Ton peuple ne fut pas plus douce à Ton cœur que celui des sous-dieux le fut à Jupiter. Quand celui-ci eut, de la voix et du geste réprimé les murmures, tous en restèrent Bouche bée. Une fois leur clameur apaisée sous la menace de l'Empereur, Jupiter, rompant le silence, reprit ainsi: "Ce monstre, soyez sur ce point rassuré, a été, en vérité, châtié. Mais quel fut son crime, quel en est le châtiment, Je veux maintenant vous l'apprendre." "J'annonçai par des signes, l'arrivée du vrai Dieu, et l'humble peuple s'était déjà mis en prières. Ladeon commença par tourner en dérision Mes pieuses dévotions puis Il déclara par la bouche du prophète Quatar aussi bavard et démagogue que mon ténor CéNN: "Je vais bien voir si ce soi-disant Dieu n'est pas un infidèle: l'expérience sera décisive. On ne pourra mettre en doute la vérité." cria-t-il à la face du monde stupéfait. "Il médita, la nuit, quand le sommeil appesantit Nos membres, Ma perte et Ma mort par surprise: tel est le moyen par lequel il voulut faire éclater sa vérité. Et cette perfidie ne lui suffit pas: le peuple des Mollahs lui avait envoyé ses otages; pour m'enthraxer et me trancher la gorge." "Je fis crouler sa demeure, terrifié il s'enfuit, et, réfugié dans le silence des grottes que J'ai creusé dans la montagne à des fins illusoires, il poussa de longs hurlements, fit de vains efforts pour transmettre la parole; il implora ses créateurs, les cheiks du Golfe Persique, que je croyais Mes amis, aussi bien que Mes pourvoyeurs car ils ont financé mon accession au trône suprême." "Une seule demeure à ce jour, est tombée mais ce n'est pas la seule demeure qui mériterait sa perte: sur toute l'étendue de la terre règne la cruelle Hérésie; c'est, croirait-on, la conjuration de la Terreur. Il faut que rapidement tous subissent le châtiment qu'ils ont mérité. Et sont du côté de l'Erreur, ceux qui ne sont pas avec Ma Vengeance." A ces paroles de Jupiter, les uns, parmi les sous-dieux, donnent une pleine approbation, et stimulent encore sa colère frémissante, les autres se bornent à un assentiment circonstanciel d'autres craignent et se tiennent coi subjugués par la Peur. Et pourtant, la perte du genre humain est pour tous une vraie douleur, et ils demandent à quoi ressemblera la terre privée des mortels, qui viendra sur les autels apporter la sueur du travail et l'impôt, si Jupiter se dispose à livrer la terre Sainte, pour la violer, à la féroce entreprise du Dieu Petroleum. A toutes ces questions, le Roi des dieux répond qu'il prend la responsabilité de tout; il interdit de vaines alarmes et promet que Jérusalem sera libérée de l'impie Arafat et du Sadam satanique et qu'une race naîtra miraculeusement toute différente de celle qui peuplait auparavant la terre. Mais la colère de Jupiter ne se borne pas aux limites du ciel, Son domaine. Il convoque ses Titans, Il rassemble son Armada: Exocet, Phantom, Apache, Mininuke, Maverick, Albion, ses Alliés et ceux qui devraient l'être sous peine de n'être plus. Dès qu'ils eurent pénétré dans la demeure de leur Maître, il leur dit: "De longues exhortations sont en ces circonstances, inutiles. Laissez libre cours à Ma violence: C'est cela seul, ce qu'on vous demande. J'ouvrirai Mes réservoirs et, renversant les digues, Je lâcherai sans contrainte les rênes à Mes flots de fer, de feu, de sang." Ses ordres donnés, ils entrent dans leurs demeures et attendent. Le flot déchainé prend sa course et coule de la mer d'Oman. Le Dieu, de Son trident, a frappé la terre. Elle a tremblé et la secousse a ouvert une large blessure. Les êtres vivants, pour la plupart, sont emportés par un nuage; ceux que le souffle mortel a épargné, succombent à un long jeûne, faute de nourriture céleste. Le monde était rendu à sa forme première. Quand Il le vit désert et la terre ravagée, plongée dans un profond silence, "Butcher" le suppôt d'Uncle Sam, les yeux pleins de larmes, s'adressa en ces termes à "Charogne", la vierge folle d'Haïfa: "O ma sœur, ô mon épouse, ô la seule femme qui survive, toi, dont la communauté de la race et celle de l'origine, nos pères étant frères, toi dont le partage d'une même couche enfin a uni le sort au Mien, le péril même, aujourd'hui, nous unit." "Sur la terre, aussi loin que porte le regard du soleil couchant ou levant, Nous sommes, à Nous deux, toute la population; le reste appartient aux Mânes de l'Hadès. Quel courage aurais-tu, aujourd'hui, sans Moi, pauvre femme, si tu avais été arrachée aux destins? qui t'aurait raffermi dans tes épreuves? Car, pour Moi, crois-M'en, si le flot t'avait aussi engloutie, Je te suivrais, ô Mon épouse, et, à Mon tour, le flot M'engloutirait." "Oh! s'il M'était possible de repeupler le monde grâce aux moyens employés par Nos pères, et d'insuffler une âme à la terre façonnée par Mes mains! Aujourd'hui, c'est en Nous seuls que survit la race des mortels, ainsi en ont décidé les dieux, Nous copulerons en paix et, Nos fils seront les seuls exemplaires de l'humanité."



Marco Polo ou le voyage imaginaire (Mythologies décembre 2001) © 2001 Marco Polo
Ovide et les métamorphoses ainsi que les œuvres des grands-maîtres, musique Yokubota.


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