Mythologies

la nuit d'amour des vierges de Phaestos
ou Iphis métamorphosée en garçon



DÉBUT DU RÉCIT


La vie est douce sur la terre de Phaestos En Île de Crète près du royaume de Cnossos Là où règne le terrible Cronos; Les rois autant que les manants Souhaitent marier leur fille vierge au plus valeureux des mâles. Ligdus qui a de l'ambition rêve d'un garçon, Et c'est à son épouse Téléthusa, qu'il transmet sa requête; Ils se sont aimés il y a de cela des lunes Et ils attendent avec impatience le fruit de leur union. Mais c'est une fille qui naît que sa mère Pour cacher sa vraie nature et éviter les foudres de Ligdus, Habille et élève comme si c'était un garçon, Iphis est son nom. Le jour venu, Ligdus impatient de marier Iphis Choisit la plus belle des filles de Phaestos, Ianthé vierge et de grand nom, Fille de Télestès du Dicté Sera l'épouse de son fils, Dont il ne connaît pas la réelle condition. Téléthusa qui redoute cette union Retarde d'astuces et de mensonges le jour de l'union, De l'enfant aux vêtements de garçon et aux attributs de fille, Avec la plus vierge des belles de Phaestos. Elle implore la déesse Isis de l'aider, De modifier la vraie nature d'Iphis, De lui prodiguer les attributs qu'il faut pour en faire un garçon Le jour où il faudra bien pour l'aimer, Qu'il se dévoile à la toujours vierge Ianthé. Mais elle ne peut retarder indéfiniment le jour de l'hyménée, Et aujourd'hui sa fille Iphis déguisée en garçon Prend pour épouse la douce et belle Ianthé; Les suppliques de Téléthusa N'ayant pu éveiller les pouvoirs cachés de la déesse Isis. Iphis malgré qu'elle soit fille N'est pas insensible aux charmes d'Ianthé, Ayant trop baigné dans les jeux de garçons, Elle attend avec impatience le moment Où, il lui faudra glisser son corps de jeune fille Sur le corps dénudé de la vierge et belle Ianthé, Mais son âme malgré tout est troublée. "Parmi les animaux, il n'est pas de femelle qui soit jamais en proie au désir pour une autre femelle." "Ianthé va devenir mienne sans être effectivement unie à moi;, nous connaîtrons la soif au milieu des eaux. O Hyménée, qui présides au mariage, à quoi bon cette union dans le lit nuptial où il n'y a pas d'époux, et où nous sommes deux épouses?" Cette nuit-là sur la terre paisible de Phaestos, Pendant que les rois les manants et Ligdus s'endorment Et que le remords envahit l'âme de Téléthusa, Débute la nuit d'amour des vierges de Phaestos.

Iphis d'audace entreprend Ianthé Comme si elle connaissait, depuis toujours, Les merveilleux gestes de l'amour; Ianthé qui les découvre à peine, Se laisse caresser et aimer par la fougueuse Iphis, Sans laisser poindre la moindre surprise, Devant les attributs féminins de son époux.

Leurs corps identiques se rejoignent et s'imbriquent, Et la fureur de leur étreinte ne laisse aucun doute, Sur la jouissance qu'ils se prodiguent Sans avoir à se pénétrer, Et c'est ainsi que se dit Ianthé Que ce doit d'être l'Amour


Là-bas au pays de Parétonium, des champs de Maréotide, de Pharos et du Nil, Encore étourdie par les bacchanales divines S'éveille avec peine la grande Déesse Isis, Toujours en retard pour combler les désirs de Ses ouailles, Elle sait bien que malgré cela, Ils Lui seront toujours fidèles et dociles, Comme se doivent de l'être tous les sujets et les manants. Elle a décidé de combler les désirs de Téléthusa, Et de transformer en garçon la belle et amoureuse Iphis, Toujours allongée sur le corps en transe De la belle et toujours vierge Ianthé de Phaestos, Et Iphis de se métamorphoser graduellement en garçon. Ianthé qui est sans défense mais ne craint plus rien, Sent son corps subitement transpercé d'un dard puissant, Qui lui arrache des cris et des larmes, Pendant que la chair fragile de l'hymen se brise Sous la violence des assauts de son époux. Elle ne sait plus si c'est ainsi que ce doit d'être l'Amour, Préférant à cela les gestes plus tendres Des préliminaires à l'Amour avant qu'Iphis, Moins douce, n'ait décidé de la pénétrer Avec, elle ne sait trop quel monstrueux instrument. Elle repousse Iphis avec énergie, Cherchant à se défaire de l'étreinte de cette amante Devenue subitement virile et trop entreprenante, Elle retourne chez sa mère chercher le réconfort Pour une vierge éperdue, D'avoir été violée par un dégoûtant Satyre; Ianthé depuis ce temps méprisée des siens, S'est réfugiée dans l'île de Lesbos; On la voit parfois sur les rivages de Méthymne, Prêter ses charmes a de délirantes Ménades.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (Mythologies octobre 1999) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Ovide et les métamorphoses ainsi que les œuvres des grands-maîtres, musique Yokubota.


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