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CHOIX DES ESCALES


plus indécis

l'amour de la nature

Quand je veille.....la mort des foules

venir mourir............de la mort.......... masques

une route d'alcool ........des aciers.......monnaie d'échange

ouvrez vos portes...........partir......armes du songe




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Plus indécis

Plus indécis plus cruel et triste

Plus morne et monotone plus chagrin plus vide

Plus lent plus long plus rien

Plus mystique plus phtisique et noir

Ces vingt ans et une année passée sans rien




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l'amour de la nature


Je souris aux arbres étalés  
  je souris à ton nom prononcé
Je rêve tes sourires fleuris
  je rêve en ton rire aussi
Je raconte nos jeux animaux  
  je raconte nos jeux amoraux
Je m'étale sur l'herbe enfin  
  je m'étale sur ton sein
Je me berce de la douce nature  
  je blesse ta bouche mature
Je pétris le sol illuminé  
  je flétris ton corps exhalé
Je goute aux effluves matinales  
  je goute à tes contorsions animales
Je découvre tes jeux amicaux  
  je jouie de nos jeux animaux
Je défie les astres célestes  
  je délie ton astre en laisse
J'observe les aurores boréales  
  je découvre ton corps astral
Je m'enfonce dans les bois  
  je m'enfonce en toi
Je m'encense de soleils auréolés  
  j'asperge ma semence en toi
Je m'inscruste dans le sol  
  je m'incruste aussi en ta fleur




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Quand je veille

Lorsque les lumières se meurent
Et que le bruit trouve le sommeil
Je me lève avec la lune
Et je cherche l'ombre où rêver.

Toutes les ombres renaissent
La ville en ruine immense
Qui retrouve son trou noir
Les décombres titubants qui chancellent.

Buildings et maisons se dévêtent
Des voitures aux turbines muettes
Et la procession d'ombres s'ébranle
Aux feux éteints des réverbères.

Tout s'arrête prestement pour reposer
Au pied du mur sombre
D'ombre
Que fait la montagne.

Les visages pâles des damnés
Aux vitrines dévêtues et repues
La pluie d'hier qui se fait un tombeau
Et le macadam laisse au vent ses impuretés

Mais je me lève avec eux
Cheveux épars et bras ballants
Je marche les yeux clos
Vers cette ombre, sombre, que fait la montagne.


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La mort des foules

du ciel je vois descendre la mort
des foules gicler du sang
à qui il faut un tyran
pour qu'ils ne pensent plus

jouez riez vivez
foules guignols
le feu est aux portes de la ville

buvez dansez aimez
foules burlesques
dans vos villes titanesques

j'ai des tyrans pleins mes ciels
j'ai la tête de titane
le crâne tyrannique
j'ai les idées fantastiques
qui ne servent plus à rien

foules zombiliques
ennemies de la sagesse
préférez le bras d'acier
foules ennemies.....


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venir mourir

venir mourir aux éperons     jeunesses      sagesse des émoussures    les rives
engendrent les rires des songes    les images    les jetées de nuages     les rivages
perles d'entédélices    perles aux crabes   perles aux émoussures    aux jetées de raisins
les miroirs    vos cieux d'acides    métaphore  
englobe les siècles     
englobe les sourires    
englobe la dévaluation des détours

marcherez les possession d'Entidéme    voussures des marquarages de femmes
marcherez les éclaboussures d'hommes   entédémones douceurs antédiluviennes
marcherez les passerelles émondées    extrinsèques jalousies des hypocrisies
marcherez les sans-pattes du métier   trébuchantes misanthropes tonnantes
marcherez les maudits les réguliers   les marcheurs cloches de la conformité
marcherez marcherez jusqu'à l'essoufflement   jusqu'à poutrelles déluges flasques néant
marcherez plus rien de plus de rien


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de la mort

abdiquer à l'essoufflement des poitrines
joncher les cervelles de points d'arrêt
sur la conformité de l'horloge
7 dimanches à la une de la prière
sept lundis à la semaine
des points d'arrêt
au médiocre des recommencements
point final à la répétition
point final à la reprise des pourparlers
les gages charrient les rivages morts
le village le voyage marcheront les corridors
de la mort


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masques

Masques

Visages barbouillés sous les flaques

Matraques aux crânes qui saignent

Rouge de pommes un sang de fesses tubercules

La suée d'une nasale s'engouffre dans les bouches

Mouches qui dansent s'enfantent sous les museaux décolorés

Barbiche blanchie des chiures de seins sanctifiés

Saintes ni-touches aux découches cléricales

Babel mordue déchirure d'un sein aux dents qui pendent

Cils perdus sous les ombres faites de lanternes.


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une route d'alcool


Une route d'alcool entre mes doigts qui babillent 
 comme des souffles 

 Une vie n'importe où entre mes rêves
 de sommeils restreints 

 Une nuit de cauchemars dans les lacets fatigués
 de vos bras mordants 

 Une triste histoire qui coule sur les lunes perdues
 de mon front 

 J'ai dépêché vos sourires fragiles au tiroir 
de mes insomnies 

 J'ai inoculé le baume de vos lèvres
 sur mes blancs de rêves 

 j'ai emprisonné vos regards mobiles aux tentacules
 de mes doigts avides 

 j'ai sculpté la pierre de vos seins sur le moule 
de mes nuits de fer 

 Et la nuit a quand même dépêché sa solitude
 maîtresse 

 J'ai dépassé le doigt sur mon crâne fragile
 J'ai déchaussé mes veines aux demains matins
 Je suis entré dans mes jours de nuit
 
 Maintenant qu'ils ont mon numéro
 Maintenant que la misère des tests d'idole est à mes lèvres
 et si je viens à passer dans vos bouches
 et si mon œil ouvre la porte de mon rêve
 je reprendrai en sens inverse la déroute.


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des aciers

des aciers sur les côtes fragiles
les animaux d'homme fatiguent
les naissances gratuites sur leurs reins
ils portent leur sang au pied des républiques
ils portent leur crâne au fusil des armées
des batailles de mortalités inconscientes
qui boivent le sang des amis
aux fontaines des mauvaises fêtes
les belles garnissent de cauchemars
les idées mal-venues d'asiles
animales aux doigts de seins
ou bouffe encore aux charognes décédées
les pensées suicidées aux mers incarcérées
marches scandées d'Antigones butées
politesses accrochées aux doigts de publicités
qui aime ces cauchemars en boulets sur son crâne
qui aime cette marche de poussée cafardeuse
qui aime cette maudite image d'atrocités
qui ne veut laisser son doigt sur un fond de nuit
qui ne veut passer à l'inconnu des rêves mortels
qui ne veut se laisser aller à l'intouchable de l'être


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monnaie d'échange
Oh Canada
    terre de mes vœux
réveillez vos haines
    en conserve
et de l'Ouest en rangs tordus
    vos cœurs guillotinés
jetez sur mes routes fragiles
    vos indiens de vengeance
allez fils de rien
    en fusilles
les fusils sur la paume
    de mes dents
les doigts dans les stygmates
    de mes mains
allez le pied d'acier
    sur ma mère
fouiller le lait coagulé
    de ses plaies
au pays matraqué
    d'étain
en Labrador
    frontière violée
en Ungava
    soleil de glace
en Baie de James
    monnaie d'échange
en pays fleuve
    oasis de sang
en Québec
    dentelle violée
Oh Canada
   terre de mes aveux


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ouvrez vos portes


ouvrez vos portes
    aux doigts assassins de velours
    entrez dans nos ventres
    de pâture faiblesse
nos ventres de soleils affamés

faiblesse
    faim
        misère.

je dédie ces prières
aux dieux de plâtres
suspendus à nos lendemains

crimes
    guerres
        souffrances

je dédie ces images absurdes
aux dictateurs du lendemain
suspendus è nos doigts d'acier

je crie
    je pleure
        je meure

je piétine mon cœur
je dévore mon sang
je chie mes entrailles
je fais pitié aux pourceaux

regardez
    écoutez
        ayez pitié

pourquoi me laissez vivre
pourquoi nous laisser boire ces jours
pourquoi nous étouffez de tristesse
nous serons tristes toujours

pourquoi 
    pourquoi 
        pourquoi!

pourquoi la vie la mort
pourquoi ce déséquilibre
c'est le fond de notre tristesse.


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partir


Le monde le monde à perte de vue   le monde ouvert sur n'importe quoi  l'amour peut-être

le monde inaccessible   je suis ici  prisonnier d'une vie cataloguée   les jours organisés d'avance
le plaisir ou l'ennui prévus la veille   le futur en prévision
qui se calcule d'heure en heure   rythmé   automatique    métronomique
et derrière  

le monde
le monde inaccessible   comme un suicide    le monde  à perte de vue   comme le gouffre de la mer
le monde ouvert sur n'importe quoi   sur des hommes nouveaux   des hommes qui s'aiment peut-être

des pays de soleil   des pays de verts et de pics   absents d'acier et de bitume
le monde    là-bas    .....

j'aime aller là-bas   faire des tours imperceptibles
je rêve    je pense   j'imagine
mais je n'ai pas encore trouvé    le moyen de rendre 
cette imagination    cette pensée    ce rêve 
une image à perte de vue   qui ne soit celle   habituelle

je suis dans un état    sans espoir d'en sortir
l'enfer    peut-être    le goût du ciel
l'enfer    ou l'ennui   ou l'espoir
ou c'est le cauchemar
c'est d'imaginer le monde   qui ne soit pas tel   celui   qui se vit
ainsi


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armes du songe

	  armes du songe
	  armes
	  du génial
	  larmes
	  je m'en vais à Pampe-lunes
	  chercher vos sourires
	  figés aux phalanges
	  des balles aux tympans
	  rugissent les sirènes
	  de la misère en place
	  de l'illégalité légalisée
	  tournoir des voyages grotesques
	  le jeu qui martèle vos amitiés
	  guériront de loin   les caresses de dépaysement
	  au loin
	  je cherche
	  les pays que j'invente
	  les pays qui grouillent dans mes jambes
	  ma soif de marcher
	  sur la forteresse
	  de l'idée en place
	  j'avance 
	  jusqu'au bout de l'essoufflement
	  mes désirs dépassant mes pouvoirs
	  je rugis devant l'impossible
	  
	  Je suis Constantinople
	  poussière d'Istambul 
	  bleue
	  bazar bleu
	  suivrons les routes bleues d'Amérique
	  les Hiltons d'Istambul
	  le blues des Amériques
	  Istambul au Minnesota
	  grouillement invisible
	  les armes indéfectibles
	  du songe indicible
	  	  

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Marco Polo ou le voyage imaginaire (autres poèmes) © 1999-2015 Jean-Pierre Lapointe





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