le suicide
escales poétiques


CHOIX DES ESCALES


Diverses escales poétiques:

Je suis l'humain trahi.

Venez.......

jusqu'à la fin...... Le rêve manqué

Paroles de donjons................................ Doigt de crimes

Les rivages sans fin.


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Je suis l'humain trahi



Je suis loin des sourires,
expatrié aux pays verts,
extradé.
Les rizières de villages d'ondes
aux nues de mes songes,
extasié.




Je suis loin des sourires,
je suis l'humain trahi,
le rouge-gorge dépecé,
exhalé.
aux clairs-de-lunes païens.

Le topaze au doigt infidèle,
et la joue qui refuse un baiser,
sont la ficelle brisée
au nuage d'orage suicidé,
suicidé.




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Venez

Venez minuits cauchemars
Venez sommeils éternels
Venez nuits d'étourdiments
Venez ombres assassines
Venez idées apologétiques
Venez alcools erratiques
Venez muses érotiques
Venez parodistes humains
Venez icônes représentations
Venez seins satins de bouche
Venez assoiffés aux rêves
Venez nourritures de travail
Venez mères prières de genoux
Venez guerres apostrophes
Venez suicides voyages

la porte sangsue au rêve de sang dessus
la rivière cordage au rapide suicide
la mort prison le mors aux dents
le couteau velours coûteux séjours
le dieu fragile asile facile des gueux
le cafard baveux des miteux fêtards
la génuflexion grafigne les genoux flexibles
le pied journée sur la fournée matin
les sabbats s'abattent dans vos bras
le déjeuner suicide cidre jeunesse
le cafard des uns farfadets défunts
la gelée soleil l'œil gelé au four
les tasses de dieu tassent nos jeux
la mort mord nos morts après le glas
le séjour gruge le jour le déluge à mon tour




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Jusqu'à la fin

je ne verrai plus la source
qui coule

j'ai décidé de mourir
aux hommes
j'ai décidé

il pleut dehors
la lumière ferme les yeux
lentement

juste assez pour me laisser passer
inaperçu



je traverse un son
dans le silence

je franchis deux allées de tableaux
déjà inconnus

il n'y a même plus ces cheveux blonds
de rêves

déjà je suis mort et je marche encore
jusqu'où?

jusqu'à la fin



jusqu'à la fin
des trottoirs

jusqu'à la fin
des mèches blondes

jusqu'à la fin
de mes rêves

jusqu'à la fin
de tout




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le rêve manqué



Regarde, j'ai des yeux pour personne
derrière, il n'y a rien pour vous
j'ai des yeux qui regardent n'importe où
mais n'importe quoi, pour rien
j'ai des yeux d'images déçues,
des yeux de visages tristes et décomposés,
des yeux de forêts allumées, sans ciels
et des yeux qui se referment désaxés.

La nature a joué dans nos vies
ses éternels recommencements
ses jeux d'enfants de cerceaux brisés
la nature a joué dans nos veines d'absurdité
et j'ai recommencé mon rêve sans fin
aux matins de soleils pareils
malgré vos sourires d'hier et vos doigts
j'ai repris mon bâton de tristesse avec moi.



Ce matin, j'ai cédé à la tentation de partir
j'ai rompu avec le fil de la réalité
pour me jeter à pleine gueule dans le vide,
j'ai parcouru avec le néant, tout un rêve
pour me retrouver au soir de cloches de réalités.


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Paroles de donjons

je me couche avec l'herbe
qui étend sa bouche sur mon socle
et j'écoute le jazz dans mon coeur
j'ai envie de dormir
j'ai envie de pousser la porte du jardin
les lilas sont sur le plat
le traître derrière moi
je crois qu'il m'aura




et je coucherai sur mon socle
les jardins
les fleurs
les jours

toute une fin
un sommeil à en perdre le souffle
fin à bal
à crier
à mordre l'Euphrate



orgie de couleur dans la planète cerveau
cratère fleuri qui pousse à ciel les arcs-de-mers
je me couche les vierges à sec haut de forme
je me couche la mer au verbe
la mer aux cales de mes trompes d'osier
le soleil tournera tournera
la parole est dans le cercle
et mon soleil restera dans le cercle
paroles de donjons




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Doigts de crimes



je m'accroche au passage des routes
la dent pendue au soleil givre

je m'accroche au trottoir d'assiettes
main d'acier sur les velours siestes
corde pendue à mon toit crâne
corde violon grêle au bazar cœur

j'ai le ventre fourmi tentacules
j'ai la misère rectum au soleil

doigt de pied sur vos omoplates
doigt de crime sur vos seins
doigt couteau au cœur de vos nuits

doigt, doigt, doigt carnage




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Les rivages sans fin

tu marcheras à mes côtés
des rivages sans fin
je t'aurai par la main des rêves
aux rivages sans fin
les yeux arrachés aux mers
les mers de rivages



ton petit soulier qui gît sur la grève
ton pied dans les sables meurtris
les rivages meurtris
je t'aurai dans mes yeux suicidés
les fermer dans la vague
des rivages suicidés.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (poésie: Suicides, 1958) © 1996 Jean-Pierre Lapointe



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