la route
escales poétiques


CHOIX DES ESCALES


Diverses escales poétiques:

Guignols........... Les rocheuses

Matins....................................... Désirs d'évasion

Arrêtez au bord du ravin

Je m'en vais........

J'aime accrocher.......


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Guignols



Quignols matins
au soleil de givre
Guignols d'usines
au sourire fardé
je vous retrouve au bazar
Guignols de mes jours
le ventre ouvert à la faim
la main sur l'espoir
je vous retrouve perdus

Guignols de mes songes
le scalp à l'assaut des potences
Guignols de mes nuits
venez sur mes routes de suicides
venez dans mes couloirs d'évasion
venez sur nos tombes
en Guignols de rendez-vous
venez à la noce rompue
aux jambes gratte-ciels écroulés
la main des plaisirs aux poternes
Guignols assassinés.




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Les rocheuses

je soulève
les Rocheuses
ma tranquillité
je me passe de toi
Le Frazer
tortueux
nous éloigne
nous sépare
nous censure
Et il fait bien
Les cheveux blanchis.....
des pics majestueux
sont mon cœur
notre jeunesse
mes aspirations.

Jasper......
s'appelle j'espère
j'aspire à la tranquillité
j'expire de toi
Le mont Robson
un roi surélevé
qui te contemple
mais l'Horizon le cache
et me cache ta pensée
Les sept Jumelles
la huitième c'est toi
Les sept péchés Capitaux
le huitième c'est Toi






Matins

le grand soleil dictateur
perce la tranquillité du ciel
dans l'ornière du matin
les modalités des journées
perpendiculairement
souillent la paresse des pavés
les portes en baillant s'entrouvrent
les volets reconnaissent l'horizon
et les fumées matinales de café
troublent la Mecque du plafond céleste
la queue leu leu des motorisés
et les jambes lentes des files indiennes
diamétralement
coulent vers les cacophonies du midi

la foule se vêt des sueurs capitalistes
mais les grévistes attendent leur tour pour mourir
et Dieu sait si le soir vient
mais il y a toujours les matins
l'ornière des matins mais jamais de soirs



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Désirs d'évasion

Tambours dans mes tempes
je sens mes yeux de partir
dans la piste des images
Et des répétitions de néon
retournent mes aspirations



Des mamelles dans mes voies
mon nez sur les mamelles
mon pied sur le sein des plaies
la pente vers l'oubli des mères
la fente où j'oublie mais vers....

Des bougies allumées dans ma cervelle
ma cervelle de partir
Le doigt sucré des fontaines d'horizons
sur le pied des boues
l'haleine des routes infranchissables.




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Arrêtez au bord du ravin

Arrêtez au bord du ravin
feuilles d'homme
fleurs du mal
arrêtez au bord du ravin
vos crânes tordus dans les villes
vos mains pendues aux chaînes
arrêtez au bord du ravin
visages de fer tordu
doigts arrachés aux poitrines sanglantes
visages de fronts cadavres
doigts tirailles à la faim



Arrêtez au bord du ravin
les filles allaitées de soleil
les vieillards séchés au soleil
les hommes pendus à l'éternité soleil
arrêtez au bord du ravin
arrêtez le midi de l'aiguille
arrêtez les monstres vérités
faces du midi au mirage des soleils
faces léchées à l'assomption des espoirs
faces tirées des carnages journelles
faces assoiffées de lendemains habitudes



Arrêtez les faces du midi
au bord du ravin fini
arrêtez les faces espoirs
au bord du ravin d'espoir
arrêtez les faces au bord du ravin
les doigts sortis du ventre de pain
les mains sur les seins lumineux
lâchez les bombes de vos veines
arrêtez le pendule à midi



Arrêtez au bord du ravin
feuilles d'hommes
fleurs du mal
arrêtez au bord du ravin
vos villes tordues de crânes
vos chaînes pendues par les mains
arrêtez......




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Je m'en vais......

Je m'en vais à dos de voyages
gaspiller mes nuits passées dans vos draps
je m'en vais dans les bals sous verrou
absents de ces rêves de filles
tous vos mensonges et vos amours feints
enterrés dans mon trou
parmi les routes de néons
sur les pentes des pays d'eau suicide
mourir sur une galaxie
une nuit qu'il fera pleine lune
l'amour en charrette guillotine dans le vent
je vous aurai par la fausse des yeux
une nuit qu'il fera ciel cocu.




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J'aime accrocher......

J'aime accrocher mon visage à ces images irréelles
j'y retrouve en vieillesse réfrigérée
des marques troublantes du passé des autres
j'aime qu'il s'attache au lointain des autres
policier de leurs folles inconséquences
puis j'arrive en dénominateur
scaphandrier guerrier
perçant les détresses de parasols
imaginant les souffrances germées
sculptant vos moules scandales
réveillant les audaces de paratonnerres



C'est ainsi que je suis fait
de marteau en marteau du prédestiné
apostrophe d'une vie taupe
gardien de la foi éraillée
geste des célestes oubliettes
ammoniaque vestale
cabotin de l'entendement



J'arrive en butant sur vos songes
garni de ma seule raison de vermicelle
j'arrive en sautant les potences
armé de ma tristesse
organisez vos rêves en justes diadèmes
pour consoler la mère
celle que le départ emprisonne dans le coeur
les orages de sang et de l'inconséquence
organisez vos rêves au retour
gain de souvenirs à revendre.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (poésie: Routes, 1970) © 1996 Jean-Pierre Lapointe



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